L’arrêté du 19 août 2026, publié au Journal officiel du 26 août 2026, acte une nouvelle évolution de la méthode de calcul du Diagnostic de Performance Énergétique (DPE). À compter du 1er janvier 2027, le facteur de conversion de l’électricité entre énergie finale et énergie primaire passera de 1,9 à 1,7.
Quel est l’impact de l’évolution du facteur de conversion EF/EP ?
Concrètement, à consommation électrique identique, la consommation conventionnelle exprimée en énergie primaire diminuera d’environ 10,5 % pour la part électrique (34% par rapport au coefficient en vigueur avant 2021). Cette évolution pourra améliorer le classement DPE de nombreux logements utilisant l’électricité, sans modification physique du bâtiment ni travaux de rénovation.
Au-delà du changement d’étiquette, cette évolution aura plusieurs conséquences réglementaires et patrimoniales importantes :
- Moins de logements classés F et G
Les logements dont le DPE est pénalisé par une consommation électrique importante seront les premiers concernés. Le passage du coefficient de 1,9 à 1,7 peut permettre à certains logements actuellement classés F ou G de gagner une classe énergétique.
Cette amélioration est purement conventionnelle : les besoins énergétiques du bâtiment, ses équipements et son isolation ne changent pas. C’est la quantité d’énergie primaire attribuée à l’électricité dans le calcul réglementaire qui diminue.
Pour les DPE en cours de validité, il ne sera d’ailleurs pas nécessaire de réaliser un nouveau diagnostic : l’arrêté prévoit la possibilité de télécharger gratuitement auprès de l’Observatoire DPE-Audit de l’ADEME une attestation indiquant la nouvelle étiquette.
- Moins d’audits énergétiques obligatoires lors des ventes
Le changement de classe pourra également avoir une conséquence directe sur le nombre d’audits énergétiques réglementaires à réaliser lors des transactions immobilières.
Lorsqu’un changement d’étiquette fait sortir un bien du champ d’application de l’audit énergétique obligatoire, sa vente pourra ne plus nécessiter cet audit.
- Certains logements pourront retrouver le statut de logement « décent »
L’évolution pourra également avoir des conséquences importantes sur le marché locatif.
Quel est l’impact de l’évolution du facteur de conversion EF/EP sur le marché du locatif ?
En France métropolitaine, depuis le 1er janvier 2025, un logement classé G ne satisfait plus au niveau minimal de performance énergétique requis au titre de la décence. À compter du 1er janvier 2028, ce niveau minimal passera à la classe E, puis à la classe D à compter du 1er janvier 2034.
Ainsi, un logement actuellement classé G qui obtiendrait une classe F grâce au nouveau coefficient pourrait, du seul point de vue du critère de performance énergétique du DPE, satisfaire à nouveau au seuil de décence énergétique applicable en 2027.
- Certains loyers jusqu’ici gelés pourront à nouveau évoluer
Autre conséquence significative pour les propriétaires bailleurs : la réglementation interdit actuellement la révision et certaines majorations de loyer des logements classés F ou G. L’article 17-1 de la loi du 6 juillet 1989 prévoit expressément que ces mécanismes ne peuvent pas être appliqués aux logements appartenant à ces deux classes.
Le même principe s’applique à la réévaluation du loyer lors du renouvellement du bail pour les logements F et G.
Par conséquent, si la nouvelle attestation DPE fait passer un logement de F à E, ou de G à E ou mieux, le bien ne sera plus concerné par le gel des loyers fondé sur son classement F ou G.
- Certains biens ne seront plus éligibles aux aides à la rénovation d’ampleur
L’amélioration automatique de certaines étiquettes DPE peut également avoir une conséquence moins favorable pour les propriétaires souhaitant engager une rénovation d’ampleur avec MaPrimeRénov’.
Selon les règles applicables en 2026 et les dispositions réglementaires actuellement prévues pour 2027, le parcours MaPrimeRénov’ « rénovation d’ampleur » est réservé, en France métropolitaine, aux logements classés E, F ou G avant travaux.
Ainsi, un logement chauffé qui passerait automatiquement de la classe E à la classe D grâce au nouveau coefficient de conversion pourrait sortir du champ d’éligibilité à MaPrimeRénov’ rénovation d’ampleur, alors même qu’aucun travail n’aurait été réalisé.
Que faut-il retenir de cette évolution du facteur de conversion DPE ?
À compter du 1er janvier 2027, le passage du coefficient de conversion de l’électricité de 1,9 à 1,7 pourra donc avoir des effets allant bien au-delà de la simple modification d’une étiquette DPE : sortie de certains logements du statut de passoire énergétique, réduction du nombre d’audits énergétiques obligatoires, retour de certains biens dans les seuils de décence énergétique et levée du gel des loyers pour les logements atteignant au moins la classe E.
Ces effets ne seront cependant ni automatiques ni identiques pour tous les logements électriques. Ils dépendront du nouveau classement obtenu, du double seuil énergie/GES du DPE et du dispositif réglementaire considéré.
Source principale : arrêté du 19 août 2026 modifiant le facteur de conversion de l’énergie finale en énergie primaire de l’électricité relatif au diagnostic de performance énergétique, JORF n°0198 du 26 août 2026, texte n°28. Entrée en vigueur : 1er janvier 2027. »
